Chapitre 30 - Half Alive

Chapitre 30 - Half Alive
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Vers 8h, Demi sortit de sa chambre et regagna l'entrée, sa guitare proprement rangée dans son étui. Les cours étaient finis et, maintenant le concert passé, elle n'avait finalement pas grand-chose à faire de ses journées. Elle s'était réveillée d'elle-même aux premières lueurs du jour. Sa nuit avait été agitée, elle n'avait trouvé le sommeil qu'entre deux souvenirs de la soirée de la veille. Elle avait quitté la chambre sans bruit, cherchant à tout prix à ne pas réveiller Selena. Elle n'avait aucun courage pour affronter son amie, aucune envie de justifier ses choix ou ses erreurs. Elle avait simplement besoin de se perdre dans l'immensité de Central Park comme elle le faisait chaque fois que la douleur était trop forte, comme elle l'avait fait ce jour là après l'accident de Monsieur Jonas, après les mots de Joe.

Elle traversa le hall et poussa la porte de l'université. Un vent frais mais agréable fouetta ses cheveux au moment où elle mit un pied à l'extérieur. Elle remonta en direction de la station de métro la plus proche et s'engouffra dans les entrailles de la terre. Après avoir emprunté la ligne R, elle changea à Times Square pour rejoindre la ligne 2. Cette ligne traversait Manhattan de haut en bas, se perdant au nord, dans les quartiers réputés dangereux comme le Bronx et Harlem. En prenant la ligne d'un terminus à l'autre, le côté cosmopolite de la ville sonnait comme une évidence. En bas de Manhattan, Wall Street et le quartier des affaires voyaient les hommes en costard cravate défilés comme des automates. Ils rejoignaient leurs bureaux à la même heure, déjeunaient au même instant et travaillaient tard le soir au désespoir de leurs femmes, au bonheur de leurs maîtresses. Arrivait à hauteur de la 30ème rue, la ligne commençait à se remplir de touristes et les langages se mêlaient dans un brouhaha incompréhensible. Passé la 90ème, les habitués reprenaient leur monopole dans le métro, la population devenant résolument plus pauvres à mesure que se rapprochait Harlem.

Demi descendit à hauteur de Columbus Circle, juste après la 59ème. L'entrée la plus connue de Central Park se trouvait sur cette place, face à la statue de Christophe Colomb. Elle essayait de ne pas y penser, de se concentrer sur autre chose mais, à l'instant où elle posa un pied à la surface, son regard se tourna vers le Trump Hôtel. Ce n'était un secret pour personne qu'ils prenaient possession de cet hôtel lors de leur venue ici. Elle traversa la place et s'assit sur un banc, de l'autre côté de la rue, face à l'entrée. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle restait là, sa guitare posée à côté d'elle pour seule compagnie, à regarder les quelques photographes et fans présents qui attendaient la sortie des frères. Elle observait au travers de ses lunettes de soleil ces jeunes filles qui donneraient tout pour partager un instant avec leurs idoles. Comme elles, son c½ur s'enflammait quand elle les voyait. Comme elles, sa seule envie était de se jeter dans leurs bras. Mais contrairement à elles, elle se l'était interdit.

Cela faisait déjà plus d'une heure qu'elle était là, immobile face à cette tour qui semblait ne jamais rencontrer le ciel. Soudain, des cris retentirent, les laissant apparaître à son regard. Ils s'arrêtèrent une fois encore, un sourire complice envers leurs fans. Monsieur et Madame Jonas sortirent à leur tour, accompagnés de Frankie. Son c½ur se resserra un peu plus à la vue de sa deuxième famille, de ceux qu'elle s'était choisie pour partager son enfance. Elle serra plus fort le téléphone qu'elle tenait dans ses mains. Ce n'était pas le sien mais celui de Selena. Ce matin, prise d'une pulsion, elle n'avait pu s'empêcher de le mettre dans son sac lorsqu'elle l'avait vu sur le bureau se son amie. Seule Selena avait le numéro de l'un deux, seule Selena possédait le moyen de les contacter. Elle tournait nerveusement le boitier de plastique dans ses mains. Devait-elle appeler Nick et mettre fin à tout ça ? Fallait-il au contraire repartir en Angleterre et ne jamais revenir ?

Elle les regarda monter dans le 4x4 noir aux vitres teintées qui venait de s'arrêter devant l'hôtel. Elle se leva au moment où la porte du véhicule se referma sur Monsieur Jonas, connaissant déjà la réponse à ses interrogations. Elle avait beau se dire que Selena avait peut-être raison sur l'absence de danger que représentait, dorénavant, Monsieur Dunne, elle savait qu'elle n'avait pas le droit de chambouler leurs vies, de faire revivre le passé. Elle s'éloigna sans se retourner comme elle savait si bien le faire. La seule chose qu'elle ne savait pas c'est qu'au hasard d'un regard à l'extérieur du véhicule, Kevin l'avait aperçu et l'observait, son esprit lui criant qu'il ne pouvait pas s'agir de Demi.

Elle pénétra enfin dans Central Park au milieu des joggers, des poussettes et des bicyclettes. Elle connaissait par c½ur le chemin vers son havre de paix. Elle s'installait toujours sur l'un des rochers de l'autre côté de l'étendue d'eau, appelée simplement « Lake », faisant face à Bethesda Terrace pour profiter de sa solitude. A sa gauche, la « Boat House » s'offrait à sa vue, cet endroit soit disant si féérique que toutes les New-Yorkaises rêvaient d'y organiser leur mariage. Une fois installée, elle sortit sa guitare et se replongea dans cette chanson qu'elle avait écrite quelques jours plus tôt, cherchant sans cesse à l'améliorer.

*

Vers 13h, elle retourna à l'université. Il était temps pour elle de faire ses bagages et de rentrer en Angleterre. Elle n'avait pas vu ses parents depuis Noël et ils lui manquaient. Elle s'était demandée le jour de leur départ s'ils lui en voudraient d'avoir du tout quitter pour elle mais ils s'étaient tellement bien adaptés à la vie Londonienne qu'ils n'avaient plus aucune envie de revenir de ce côté ci de l'atlantique. Elle pénétra dans le hall et salua Anna, l'une des étudiantes qui travaillaient à l'accueil pour se faire un peu d'argent de poche.

- Attends Demi, j'ai une lettre pour toi.

Elle chercha dans le courrier posé sur le comptoir et sortit une enveloppe blanche sur laquelle ne figurait aucune inscription.

- T'es sûre que c'est pour moi ? demanda Demi surprise.
- Certaine. Un jeune garçon l'a déposé tout à l'heure en insistant bien sur le fait qu'elle était pour Demi Lovato.
- Ok, merci,
répondit Demi en se saisissant de l'enveloppe.

Tout en marchant elle décacheta l'enveloppe et en sortit un morceau de journal plié en quatre. Recouvrant sa photo aux côtés de John Mayer, quelques mots manuscrits au feutre noir lui glacèrent le sang.

« Je n'ai rien oublié »

Elle resta figée au milieu de l'escalier, ses yeux rivés sur la fine feuille de papier qu'elle tenait entre ses mains tremblantes. Elle était simplement terrifiée à l'idée que tout puisse recommencer. Qu'allait-elle faire ? Elle regarda l'article de plus près et le sentiment de détresse qui la parcourait s'intensifia à la vue des photos où apparaissaient Joe et Nick.

Elle n'avait aucun doute sur la provenance de cette lettre. Elle avait redouté ce moment à chaque minute depuis son retour. Même dans l'immensité de New York, même perdue au milieu de ses 8 millions d'habitants il l'avait retrouvé. Elle devait avouer qu'elle n'avait pas été très maligne. Comment espérait-elle passer inaperçue en participant au concert de l'université ? Comment espérait-elle rester cachée et faire carrière en même temps ? Comment avait-elle pu croire que son rêve avait encore un avenir ? Elle ne pouvait plus bouger envahit de doutes. Elle finit pas s'assoir au milieu de l'escalier, sans qu'aucun étudiant ne s'offusque de la trouver ici alors que le foyer et le hall disposaient des fauteuils les plus confortables qui soient.

Elle sentit une présence à côté d'elle et elle releva la tête rencontrant le regard confus de Jim. Elle n'avait même plus la force de se poser de questions quand au fait qu'il était toujours là quand elle en avait besoin. Il remarqua le papier que Demi tenait entre ses mains et sans qu'elle ne l'en empêche, le saisit. Ses yeux se firent plus sombres à mesure qu'il découvrait le message inscrit sur le papier grisâtre. Pour la première fois depuis sa rencontre avec Demi, il avait peur pour elle. Il s'était simplement attaché à elle comme on s'attache trop souvent aux personnes auxquelles on ne doit pas. Il avait perdu son objectivité, il en avait oublié que l'ennemi était réel.

Demi se leva dans un sursaut, attrapa sa six cordes, et monta les marches deux à deux. Elle ouvrit violement la porte de sa chambre et s'enferma à l'intérieur. Elle se précipita sur son sac qu'elle jeta sur son lit. Ses gestes étaient saccadés, son souffle court. Elle balançait ses affaires à l'intérieur de sa valise, attrapant tout ce qui lui appartenait. De l'autre côté de la porte Jim tentait désespérément de pénétrer dans la pièce.

- Demi ouvre !
- Vas-t-en !
- Laisse-moi entrer s'il-te-plait...
Elle ne répondit pas, faisant seulement entendre ses allées et venues d'un bout à l'autre de la pièce. Demi ? Mais qu'est-ce que tu fais bon sang ??

Quelques minutes passèrent avant que la porte ne laisse apparaître de nouveau Demi, un sac à la main, sa guitare sur le dos. Elle passa devant Jim sans s'arrêta et commença à descendre les marches. Il la dépassa et se posta au travers de son chemin.

- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je dois partir. Je peux pas rester là. Maintenant laisse-moi passer !

Elle le bouscula et continua son chemin. Il la suivit dehors, l'implorant de s'arrêter.
- Demi, arrête de fuir !! Ne le laisse pas gagner, ne le laisse pas diriger ta vie !
Elle s'immobilisa aux paroles de Jim et le dévisagea comme si elle le découvrait pour la première fois. Puis soudain, il cria.

- Demi, attention !

Comme un cauchemar qui recommence, une voiture fonça en direction de la jeune fille. Jim eu à peine le temps de pousser Demi sur le côté que la voiture le percuta de plein fouet, le faisant voler par-dessus le capot de la vieille Chevrolet marron. Demi jeta ses affaires au sol et s'élança vers Jim, qui gisait au milieu de la route. Du sang s'écoulait de sa tempe, ses vêtements étaient déchirés laissant apparaître de nombreuses contusions.

- Non, non, non, non... Jim !!!! S'il-te-plait réponds-moi !
Il entrouvrit les yeux et plongea son regard dans celui de Demi.
- J'aurai au moins tenu ma promesse... te protéger, murmura-t-il avant de sombrer dans l'inconscience.

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J'espère que ce chapitre est à la hauteur de vos espérances... malgré qu'il y ai beaucoup de blabla...
j'ai toujours du mal à écrire les dialogues, ce qui explique peut-être pourquoi il n'y en a pas
tant que ça dans cette histoire...
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bisous
Lulu

# Postato domenica 28 giugno 2009 09:46

Modificato domenica 28 giugno 2009 09:59

Chapitre 31 - Gift Of A Friend

Chapitre 31 - Gift Of A Friend
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Demi attendait dans la salle d'attente de l'hôpital, l'estomac noué. Voilà plus de deux heures qu'elle était arrivée avec Jim dans l'ambulance et elle n'avait aucune nouvelle. Les ambulanciers l'avaient autorisée à monter avec eux, face à l'état de désarroi dans lequel elle se trouvait. Elle détestait cet endroit qu'elle avait trop fréquenté. A chaque fois qu'elle mettait les pieds ici son mal-être grandissait. Elle avait trop souvent été confrontée à la douleur pour supporter celle qui régnait ici, aux urgences. Elle fixait les deux battants qui la séparaient du bloc opératoire dans lequel Jim se trouvait. Elle avait tellement peur. Pourquoi avait-il fait ça ? C'est elle qui méritait de se retrouver branchée à des machines, c'est elle qui avait tout provoqué... mais elle, elle était toujours là, en pleine santé. Elle se sentait seule, plus que jamais. Elle se sentait vide. Elle avait essayé de se raccrocher à la vie, à ses rêves. Elle avait cru qu'elle aurait droit à une deuxième chance. Mais tout ça n'arrive que dans les films. Dans la vrai vie, on paye le prix de ses erreurs et de son passé. Pourquoi était-elle revenue ? Pourquoi avait-elle accepté l'amitié de Jim ? Elle se recroquevilla sur elle-même, serrant ses genoux contre sa poitrine, se calant au fond de son siège. Des larmes silencieuses coulaient sur ses joues. Elle se sentait sombrer, submergée par la douleur. Elle n'arrivait pas à contrôler ses idées noires. Elle ne supporterait pas de le perdre, elle ne supporterait pas une autre mort par sa faute.

*

Au centre de New York, une femme jetait un ½il distrait à la télévision qui ornait la pièce dans laquelle elle se trouvait. D'ordinaire, les journées de ce genre passaient vite mais aujourd'hui, la chaleur étouffante, lui donnait l'impression que celle-ci ne finirait jamais. Elle ne regardait pas vraiment ce qui était diffusé à l'écran quand un flash spécial apparut.

Flash info : la police recherche activement Alexander Dunne, 37 ans, soupçonné d'avoir renversé au volant d'une Chevrolet Citation 1980 de couleur marron, un jeune étudiant de la New York University. Selon les témoins, Jim Sturgess, 21 ans, a semble-t-il était volontairement percuté par le véhicule qui a été abandonné quelques centaines de mètres plus loin par le conducteur. Le suspect, dont la photo apparaît à la droite de l'écran, porte un jean bleu et un t-shirt noir. Si vous avez des informations à communiquer à la police composez le 555 – 1818– 1717.

Son c½ur s'emballa. Sans réfléchir, elle sortit en trombe de l'immeuble et héla le premier taxi qui passait. Quinze minutes plus tard, elle pénétra dans le hall des urgences, une étrange impression de déjà-vu la parcourant. Elle n'eut pas besoin de se rendre à l'accueil pour la voir, si fragile tel un pantin désenchanté. Elle s'approcha doucement, s'agenouillant devant elle. Elle passa sa main dans les cheveux bruns de la jeune fille, en une caresse que seule une mère est capable de donner. Pourtant elle n'était pas sa mère. Mais ce qu'elle ressentait pour la jeune fille avait tout d'un amour maternel.

- Demi, murmura-t-elle.

L'adolescente sursauta. Elle connaissait cette voix et cette douceur. Elle connaissait ces boucles brunes et ce sourire réconfortant. Elle éclata en sanglot et se lova dans les bras de cette femme qu'il lui semblait avoir toujours connu. Elle n'avait plus la force de lutter contre sa raison. Elle se laissa juste aller au réconfort que lui procurait cette épaule familière. Denise Jonas resserra son étreinte autour de la jeune fille, autour de cette fille qu'elle n'avait jamais eu. Elles restèrent plusieurs minutes ainsi sans un mot échangé, ni même un regard. Puis le souffle de Demi se fit plus régulier. La peine ne disparaissait pas mais le calme que lui insufflait Madame Jonas la rendait plus supportable. Denise ne disait rien, elle attendait simplement que Demi parle si elle le souhaitait. Pourtant elle avait tant à lui dire, tant à lui raconter. Un médecin arriva à ce moment là, à peine débarrassé de ses vêtements du bloc. Il s'approcha d'elles deux et, d'un ton qu'il voulait le plus juste possible, leur fit un compte-rendu de l'état de Jim.

- Ses jours ne sont pas en danger. Il a plusieurs fractures mais le pire à été évité. Notre seule inquiétude est qu'il a été victime d'un choc vertébral mais il est impossible à ce stade de dire à quel point sa colonne est touchée. Nous en serons plus dans quelques jours.
- Sa colonne ? Il risque d'être paralysé?
demanda Demi fébrilement.
- Malheureusement oui... mais j'insiste sur le fait qu'il est trop tôt pour se prononcer. Il a été touché en bas du dos, ce qui implique qu'il n'a plus de sensations au niveau des jambes.
- Est-ce qu'on peut le voir ?
intervint une nouvelle fois Demi.
- Oui bien sûr, mais pas très longtemps, il a besoin de se reposer.

Le médecin les conduisit jusqu'à la chambre dans laquelle Jim venait d'être installé. Son visage était légèrement tuméfié, coloré de teintes violettes par endroit, mais il gardait cette lueur mutine dans les yeux. Il sourit en voyant Demi entrer dans la chambre. Elle s'approcha doucement. Elle revoyait Kevin sur ce lit et sa douleur s'intensifia.

- Salut Buddy... dit-elle un tremblement dans la voix.
- Hey ! Tu es venu voir ton héro ? plaisanta-t-il.
- Je suis désolée... pour ça... si tu savais comme je m'en veux de t'avoir entraîné là-dedans. Pardonne-moi.
- Arrête Demi, je n'ai rien à te pardonner. Je savais très bien ce que je faisais depuis le début. Il y a des choses que tu dois savoir...
- Et je vais lui raconter Jim, je crois que tu as vraiment besoin de te reposer,
dit Denise Jonas doucement.

Elle s'approcha de lui et serra sa main dans la sienne. Elle avait toujours su apporter de l'espoir aux gens, leur apporter cet amour dont ils avaient besoin. Le jour où elle avait rencontré Jim, elle avait compris sa détresse, elle avait vu sa grandeur d'âme. Elle lui devait la vie de Demi, il lui devait de ne pas avoir sombré.

Demi et Madame Jonas s'approchèrent de la sortie lorsque Jim interpella l'adolescente :
- Demi ! Elle se retourna vers lui, retenant ses larmes de honte, de chagrin. Je veux que tu saches que je n'ai jamais fait semblant, toutes ces fois où on parlait, toutes ces fois où on composait ensemble.Demi parcourut de nouveau les quelques mètres qui la séparait de Jim et plongea ce regard dans le sien.
- Je sais. Il y a des choses pour lesquelles on ne peut pas tricher. Elle déposa un baiser sur sa joue et souffla un « merci » juste avant de passer la porte aux côtés de Madame Jonas.

Elles se rendirent à la cafétéria de l'hôpital. Avec ses tables colorées orange et jaune, l'endroit se voulait accueillant, loin de l'esprit austère qui régnait d'ordinaire dans les couloirs de l'hôpital. Elles s'installèrent à une table devant les grandes fenêtres qui donnaient sur le jardin extérieur, puis commandèrent chacune un jus d'orange.

- Tu dois te demander comment je connais Jim. Demi secoua la tête en signe d'approbation. Tout a commencé ce 21 février 2006 où Kevin* a été emmené à l'hôpital suite à son accident de voiture. Il était tard mais dans la salle d'attente des urgences, se trouvait un jeune d'homme. Il ne devait pas avoir plus de 19 ans. Il était à peine plus âgé que Kevin mais je pouvais lire cette douleur dans son regard. Il avait l'air à bout de force, comme si son monde venait de s'écrouler. Je n'ai pas vraiment supporté de le voir comme ça. Pour moi c'était encore un enfant. Je lui ai amené un café, ne sachant pas vraiment s'il le boirait ou non, après tout je ne connaissais rien de lui. Il l'a pris, le serrant dans ses mains pour profiter de la chaleur qui en émanait. Je me suis assise à côté de lui. Je lui ai raconté pourquoi j'étais là, je lui ai avoué ma peur de perdre Kevin*. C'était facile pour moi de me confier à ce gamin, c'était peut-être égoïste d'ajouter ma peine à la sienne mais au final il s'est à son tour confié. Il m'a parlé de ses parents. Je ne sais pas s'il t'a déjà parlé de ses parents...
- Non jamais,
la coupa Demi. Je crois qu'on a ce point commun de ne pas trop aimer parler de notre passé. C'est peut-être pour ça qu'on se comprend si bien.
- Oui sûrement...
souffla-t-elle. Après quelques secondes de silence elle reprit. Il m'a raconté son enfance, ses premières années en Angleterre. Son père était américain. Il avait été envoyé par le gouvernement américain pour travailler en collaboration avec le MI6, les services secrets anglais. Il est finalement resté plus de 8 ans là-bas parce qu'il y a rencontré sa mère. Le genre de coup de foudre qui change une vie, comme Jim aime le dire. Puis, le gouvernement l'a rappelé aux Etats-Unis, alors il a emmené sa famille. Il s'est retrouvé sur des missions toujours plus dangereuses... jusqu'au jour où il n'est pas revenu de l'une d'elle... Jim avait 13 ans. C'est jeune 13 ans, pour perdre l'un de ses parents...

Demi regardait Madame Jonas, une boule au ventre. Elle n'avait jamais pensé à ce qu'avait pu vivre Jim, elle avait seulement vu sa propre peine, sa propre douleur. Denise Jonas continua :
- Il s'est retrouvé seul avec sa mère. Ils faisaient face ensemble mais elle est tombée malade... un cancer... ce 21 février 2006, il a appelé les secours, elle s'était effondrée d'un seul coup, chez eux... alors pendant les six mois suivant, il venait dès qu'il le pouvait, il restait à ses côtés, essayant de rendre sa peine un peu moins forte, essayant de lui donner tout l'amour qu'il pouvait. Et moi je venais aussi, lui apporter une épaule sur laquelle pleurer quand c'était trop dur... tu sais Demi, ce n'est pas le hasard qui l'a mis sur ton chemin. Peut-être que tu m'en voudras d'avoir fait ça mais j'ai demandé à Jim de prendre soin de toi.

Demi accusa le coup. Les derniers mots de Jim lui revinrent en mémoire « j'aurais au moins tenu ma promesse... te protéger ». Elle se perdit dans ses questionnements. Devant son trouble, Madame Jonas prit de nouveau la parole.
- Ce que tu dois savoir c'est que je ne l'ai pas forcé. Lorsque je l'ai rencontré il était à l'école de police. Comme son père il était doué, il avait ça dans le sang... sauf que ce n'était pas son rêve. Lui il rêvait de Broadway et de ses comédies musicales. Et tu sais comme moi qu'il a le talent nécessaire pour y arriver. Je ne sais plus vraiment comment j'en suis arrivé à lui parler de toi... sûrement parce que vous rêviez tous les deux de la même université... alors à la rentrée de septembre lorsqu'il m'a dit qu'il s'était inscrit pour les auditions pour la New York University, qu'il était prêt à vivre son rêve, je l'ai encouragé. Mais ce qu'il n'avait pas réalisé, c'est que les frais médicaux de sa mère avaient englouti toutes leurs économies. Et tu connais le prix d'une année là-bas... le jour de l'audition, les membres du jury lui ont proposé une année spéciale. En un an, il avait la possibilité de parfaire ses connaissances et d'intégrer directement la troisième année, à la rentrée suivante. Ils pensaient simplement qu'il s'ennuierait en première année... mais tout à un prix et malgré la bourse qu'ils lui offraient, il lui restait 10 000$ à trouver... je lui ai simplement proposé de l'aider à payer cette somme. Au début il a refusé, disant qu'il trouverait un moyen mais comment réunir une telle somme en si peu de temps ? Puis à force d'insister il a fini par dire oui...
- Et en échange vous lui avez demandé de me protéger ?
- Pas vraiment... disons que je lui ai simplement dit que si tu venais à l'université l'année d'après, je serais rassurée qu'il garde un ½il sur toi. Je voulais simplement être sûre que tu sois heureuse là-bas... Lui m'a promis de toujours tout faire pour te protéger. Il m'a dit que j'avais été son ange gardien et qu'il serait le tien...


Une larme roula sur la joue de Madame Jonas. Elle n'avait pas voulu le mettre en danger, elle s'en voulait mais en même temps elle était heureuse que Demi n'ait rien.

- Merci, murmura Demi. Merci d'avoir pris soin de moi, même de loin. Et je ne vous en veux pas, comment je pourrais ? Je vous ai fait souffrir et vous, vous avez juste fait de votre mieux pour que j'aille bien. C'est à moi que j'en veux... d'avoir impliqué tout le monde dans mon passé... j'aurai du le dénoncer... mais j'avais tellement peur...
- Demi, il faut que tout s'arrête maintenant.
- Je sais,
répondit-elle, je sais.

*Kevin Jonas Sr

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On a tous besoin d'un ange gardien...
Je ne posterais pas de chapitre avant deux semaines... je pars quelques jours à Londres...
Mais, avec moi, vous avez l'habitude d'attendre... lol
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bisous
Lulu

# Postato venerdì 10 luglio 2009 18:34

Modificato venerdì 10 luglio 2009 21:36