Elle traversa le hall et poussa la porte de l'université. Un vent frais mais agréable fouetta ses cheveux au moment où elle mit un pied à l'extérieur. Elle remonta en direction de la station de métro la plus proche et s'engouffra dans les entrailles de la terre. Après avoir emprunté la ligne R, elle changea à Times Square pour rejoindre la ligne 2. Cette ligne traversait Manhattan de haut en bas, se perdant au nord, dans les quartiers réputés dangereux comme le Bronx et Harlem. En prenant la ligne d'un terminus à l'autre, le côté cosmopolite de la ville sonnait comme une évidence. En bas de Manhattan, Wall Street et le quartier des affaires voyaient les hommes en costard cravate défilés comme des automates. Ils rejoignaient leurs bureaux à la même heure, déjeunaient au même instant et travaillaient tard le soir au désespoir de leurs femmes, au bonheur de leurs maîtresses. Arrivait à hauteur de la 30ème rue, la ligne commençait à se remplir de touristes et les langages se mêlaient dans un brouhaha incompréhensible. Passé la 90ème, les habitués reprenaient leur monopole dans le métro, la population devenant résolument plus pauvres à mesure que se rapprochait Harlem.
Demi descendit à hauteur de Columbus Circle, juste après la 59ème. L'entrée la plus connue de Central Park se trouvait sur cette place, face à la statue de Christophe Colomb. Elle essayait de ne pas y penser, de se concentrer sur autre chose mais, à l'instant où elle posa un pied à la surface, son regard se tourna vers le Trump Hôtel. Ce n'était un secret pour personne qu'ils prenaient possession de cet hôtel lors de leur venue ici. Elle traversa la place et s'assit sur un banc, de l'autre côté de la rue, face à l'entrée. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle restait là, sa guitare posée à côté d'elle pour seule compagnie, à regarder les quelques photographes et fans présents qui attendaient la sortie des frères. Elle observait au travers de ses lunettes de soleil ces jeunes filles qui donneraient tout pour partager un instant avec leurs idoles. Comme elles, son c½ur s'enflammait quand elle les voyait. Comme elles, sa seule envie était de se jeter dans leurs bras. Mais contrairement à elles, elle se l'était interdit.
Cela faisait déjà plus d'une heure qu'elle était là, immobile face à cette tour qui semblait ne jamais rencontrer le ciel. Soudain, des cris retentirent, les laissant apparaître à son regard. Ils s'arrêtèrent une fois encore, un sourire complice envers leurs fans. Monsieur et Madame Jonas sortirent à leur tour, accompagnés de Frankie. Son c½ur se resserra un peu plus à la vue de sa deuxième famille, de ceux qu'elle s'était choisie pour partager son enfance. Elle serra plus fort le téléphone qu'elle tenait dans ses mains. Ce n'était pas le sien mais celui de Selena. Ce matin, prise d'une pulsion, elle n'avait pu s'empêcher de le mettre dans son sac lorsqu'elle l'avait vu sur le bureau se son amie. Seule Selena avait le numéro de l'un deux, seule Selena possédait le moyen de les contacter. Elle tournait nerveusement le boitier de plastique dans ses mains. Devait-elle appeler Nick et mettre fin à tout ça ? Fallait-il au contraire repartir en Angleterre et ne jamais revenir ?
Elle les regarda monter dans le 4x4 noir aux vitres teintées qui venait de s'arrêter devant l'hôtel. Elle se leva au moment où la porte du véhicule se referma sur Monsieur Jonas, connaissant déjà la réponse à ses interrogations. Elle avait beau se dire que Selena avait peut-être raison sur l'absence de danger que représentait, dorénavant, Monsieur Dunne, elle savait qu'elle n'avait pas le droit de chambouler leurs vies, de faire revivre le passé. Elle s'éloigna sans se retourner comme elle savait si bien le faire. La seule chose qu'elle ne savait pas c'est qu'au hasard d'un regard à l'extérieur du véhicule, Kevin l'avait aperçu et l'observait, son esprit lui criant qu'il ne pouvait pas s'agir de Demi.
Elle pénétra enfin dans Central Park au milieu des joggers, des poussettes et des bicyclettes. Elle connaissait par c½ur le chemin vers son havre de paix. Elle s'installait toujours sur l'un des rochers de l'autre côté de l'étendue d'eau, appelée simplement « Lake », faisant face à Bethesda Terrace pour profiter de sa solitude. A sa gauche, la « Boat House » s'offrait à sa vue, cet endroit soit disant si féérique que toutes les New-Yorkaises rêvaient d'y organiser leur mariage. Une fois installée, elle sortit sa guitare et se replongea dans cette chanson qu'elle avait écrite quelques jours plus tôt, cherchant sans cesse à l'améliorer.
- Attends Demi, j'ai une lettre pour toi.
Elle chercha dans le courrier posé sur le comptoir et sortit une enveloppe blanche sur laquelle ne figurait aucune inscription.
- T'es sûre que c'est pour moi ? demanda Demi surprise.
- Certaine. Un jeune garçon l'a déposé tout à l'heure en insistant bien sur le fait qu'elle était pour Demi Lovato.
- Ok, merci, répondit Demi en se saisissant de l'enveloppe.
Tout en marchant elle décacheta l'enveloppe et en sortit un morceau de journal plié en quatre. Recouvrant sa photo aux côtés de John Mayer, quelques mots manuscrits au feutre noir lui glacèrent le sang.
Elle n'avait aucun doute sur la provenance de cette lettre. Elle avait redouté ce moment à chaque minute depuis son retour. Même dans l'immensité de New York, même perdue au milieu de ses 8 millions d'habitants il l'avait retrouvé. Elle devait avouer qu'elle n'avait pas été très maligne. Comment espérait-elle passer inaperçue en participant au concert de l'université ? Comment espérait-elle rester cachée et faire carrière en même temps ? Comment avait-elle pu croire que son rêve avait encore un avenir ? Elle ne pouvait plus bouger envahit de doutes. Elle finit pas s'assoir au milieu de l'escalier, sans qu'aucun étudiant ne s'offusque de la trouver ici alors que le foyer et le hall disposaient des fauteuils les plus confortables qui soient.
Elle sentit une présence à côté d'elle et elle releva la tête rencontrant le regard confus de Jim. Elle n'avait même plus la force de se poser de questions quand au fait qu'il était toujours là quand elle en avait besoin. Il remarqua le papier que Demi tenait entre ses mains et sans qu'elle ne l'en empêche, le saisit. Ses yeux se firent plus sombres à mesure qu'il découvrait le message inscrit sur le papier grisâtre. Pour la première fois depuis sa rencontre avec Demi, il avait peur pour elle. Il s'était simplement attaché à elle comme on s'attache trop souvent aux personnes auxquelles on ne doit pas. Il avait perdu son objectivité, il en avait oublié que l'ennemi était réel.
Demi se leva dans un sursaut, attrapa sa six cordes, et monta les marches deux à deux. Elle ouvrit violement la porte de sa chambre et s'enferma à l'intérieur. Elle se précipita sur son sac qu'elle jeta sur son lit. Ses gestes étaient saccadés, son souffle court. Elle balançait ses affaires à l'intérieur de sa valise, attrapant tout ce qui lui appartenait. De l'autre côté de la porte Jim tentait désespérément de pénétrer dans la pièce.
- Demi ouvre !
- Vas-t-en !
- Laisse-moi entrer s'il-te-plait... Elle ne répondit pas, faisant seulement entendre ses allées et venues d'un bout à l'autre de la pièce. Demi ? Mais qu'est-ce que tu fais bon sang ??
Quelques minutes passèrent avant que la porte ne laisse apparaître de nouveau Demi, un sac à la main, sa guitare sur le dos. Elle passa devant Jim sans s'arrêta et commença à descendre les marches. Il la dépassa et se posta au travers de son chemin.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je dois partir. Je peux pas rester là. Maintenant laisse-moi passer !
Elle le bouscula et continua son chemin. Il la suivit dehors, l'implorant de s'arrêter.
- Demi, arrête de fuir !! Ne le laisse pas gagner, ne le laisse pas diriger ta vie !
Elle s'immobilisa aux paroles de Jim et le dévisagea comme si elle le découvrait pour la première fois. Puis soudain, il cria.
- Demi, attention !
Comme un cauchemar qui recommence, une voiture fonça en direction de la jeune fille. Jim eu à peine le temps de pousser Demi sur le côté que la voiture le percuta de plein fouet, le faisant voler par-dessus le capot de la vieille Chevrolet marron. Demi jeta ses affaires au sol et s'élança vers Jim, qui gisait au milieu de la route. Du sang s'écoulait de sa tempe, ses vêtements étaient déchirés laissant apparaître de nombreuses contusions.
- Non, non, non, non... Jim !!!! S'il-te-plait réponds-moi !
Il entrouvrit les yeux et plongea son regard dans celui de Demi.
- J'aurai au moins tenu ma promesse... te protéger, murmura-t-il avant de sombrer dans l'inconscience.
J'espère que ce chapitre est à la hauteur de vos espérances... malgré qu'il y ai beaucoup de blabla...
j'ai toujours du mal à écrire les dialogues, ce qui explique peut-être pourquoi il n'y en a pas
tant que ça dans cette histoire...
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bisous
Lulu