Chapitre 10 - Crashed

Chapitre 10 - Crashed
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Lorsque Joe remonta dans sa chambre, Kevin n'était plus là. Il avait ressenti le besoin de conduire, de se sentir libre d'aller où il le voulait. Il roulait désormais sur la voie rapide qui menait à Venice Beach. Venice était connu pour sa plage qui s'étendait jusqu'au huppé Santa Monica mais ce que Kevin aimait ici, se trouvait quelques rues en contre bas. Il adorait se promener le long des canaux, espace intemporel au milieu de l'effervescence environnante. Avec leurs allées fleuries, leurs ponts en bois et leurs maisons d'architectes, les canaux avaient tout d'un décor de cinéma, la superficialité en moins. Les touristes se pressaient sur la plage oubliant que la ville devait son nom à ses canaux, inspirés de la célèbre ville italienne Venise. Ici, Kevin se sentait apaisé, loin de tout ce qui le tracassait. Tout n'était que silence, comme si le lieu était trop pur pour être souillé de bruits. Kevin avait beau être musicien, le silence l'inspirait. Il lui rappelait surtout qu'il n'était finalement pas grand chose, juste une personne un peu plus chanceuse qui avait réalisé son rêve. Pourtant, si aujourd'hui on lui avait demandé de renoncer à sa carrière pour entendre le rire de Demi briser ce silence, il l'aurait fait à la seconde même. Il y avait un tel paradoxe dans sa vie. Des milliers de jeunes filles l'idolâtraient mais lui ne pensait qu'à celle qui ne voulait plus de lui. Il n'arrivait pas à sortir ce baiser de son esprit. L'aimait-elle encore pour avoir fait ça ? Avait-elle juste cherché à apaiser sa peine ? Il s'était demandé ces deux derniers mois si elle était partie de son propre choix. Il avait vu ses yeux l'imploraient de ne pas la suivre. Joe avait parlé de peur. Qu'était-il arrivé pour qu'elle décide qu'ils n'étaient pas le plus important ?

Dans la chambre Joe avait entrepris d'attraper une vieille boite à chaussures qui se trouvait sous son lit. La tâche n'était pas des plus faciles quand on connaissait ses capacités d'organisation... ou plutôt son absence de capacités. Un entremêla de vieux objets se battaient le peu d'espace disponible, certains depuis longtemps abandonnés ici, comme ce vieux walkman qui abritait encore le premier album de Britney Spears. Il aperçut finalement la boîte qu'il cherchait. Le couvercle avait depuis longtemps disparu mais il savait son contenu intact. Il étira le bras et l'attrapa du bout des doigts. Alors qu'il la tirait vers lui, la boîte heurta quelques reliques démodées et se renversa, dispersant une partie de son contenu sur le sol. Joe poussa un juron mais ramassa religieusement le tout. Il s'assit sur son lit, et attrapa une première photo. Il n'avait pas touché à cette boîte depuis des mois. Un morceau de carton...c'était tout ce qu'il lui restait d'elle, comme le sanctuaire de ses souvenirs. Sur la photo qu'il tenait dans sa main, Demi jouait de la guitare. C'était la photo la plus récente qu'il possédait d'elle. Elle leur avait chanté une de ses chansons, elle avait toujours pris leur avis en compte. Elle rigolait souvent de ça, qu'ils étaient comme ses garde-fous, que sans eux sa musique serait dépressive. Elle aimait leur côté fantaisiste et la bonne humeur qui semblait les animer chaque jour. Joe regarda plusieurs photos. Il sourit en les apercevant tous les quatre dans leurs costumes d'halloween ridicules. Lui et Demi devaient avoir six ans sur cette photo. Il se souvenait très bien de cette année là, Demi avait pleuré quand le vieux voisin, Monsieur Hutcher, était sorti déguisé en vampire. Il devait avouer que lui-même n'avait pas fait le fier mais il avait joué au grand qui n'a jamais peur de rien, surtout devant Demi. Il explora le reste de la boîte. Il avait même gardé les mots qu'ils s'échangeaient pendant les cours. Ils avaient été dans les mêmes classes, avaient eu les mêmes amis, les mêmes loisirs. Ils avaient partagés chaque jour de leur vie. Mais de tout ça, il ne lui restait que ça... des morceaux de papiers trop usés d'avoir été trop regardés. Il lui en voulait tellement d'être partie, de les avoir laissés mais il l'aimait bien plus encore. Souvent il s'était demandé si le pire était de ne plus la voir du tout ou de la croiser chaque jour heureuse d'être avec Kevin. Encore aujourd'hui, il n'était pas sûr de la réponse. Et il s'en voulait tellement pour ça. Est-ce vraiment aimer si on n'est incapable de se réjouir du bonheur des personnes à qui l'on tient ? Est-ce qu'on peut se prétendre amoureux si tout ce qui nous importe est notre propre bien ? Il aurait voulu croire qu'il était assez fort pour la voir avec lui, son frère qu'il aimait sincèrement mais à l'heure actuelle, il s'en savait incapable. Il rangea finalement les photos et reposa la boîte là où il l'avait trouvé. Il eu envie de rejouer la chanson qu'il venait d'écrire.

- Belle chanson. Nick se tenait dans l'ouverture de la porte, le regard bienveillant.
- Merci. Je l'ai...
- Ecrite pour elle, je sais. Ecoute Joe, je suis désolé pour ce que j'ai dit tout à l'heure, que je voulais qu'on passe à autre chose.
- C'est pas grave.
- Je veux pas que tu crois que je n'en ai rien à faire d'elle, qu'elle ne me manque pas. Parce que oui elle me manque. Mais j'essaie juste de ne pas m'arrêter à ça, de ne pas passer tout mon temps à penser au passé, comme tu le dis dans ta chanson.
- Je regrette de l'avoir revue, de savoir qu'elle est à New York.
Nick jeta un regard confus à son frère. Je suis content de savoir qu'elle va bien mais j'arrive encore moins à la sortir de ma tête. Je vais devenir fou si ça continue. J'arrête pas de me demander pourquoi... pourquoi elle est partie... pourquoi Kevin. J'ai toujours cru qu'elle est moi, on était fait l'un pour l'autre.
Nick ne savait pas quoi lui répondre. Lui aussi avait toujours pensé que Joe et Demi finiraient ensemble, qu'ils ressembleraient à leurs parents. Et pourtant...
- On retourne à New York dans quelques jours, pour ce concert au Madison Square Garden. Tu pourrais jouer ta chanson.
- A quoi ça servirait. Jamais elle ne reviendra. Pas après ce qu'il s'est passé la dernière fois.
- Rappelle moi qui voulait absolument chanter « One day at a time » y'a deux mois de ça ? J'arrive pas à me souvenir mais je crois que c'était une espèce de brun, avec pleins de cheveux sur la tête, tu sais le gars là qui fait une musique géniale avec ses deux frères... c'est quoi leur noms déjà à ces trois petits gars bourrés de talent... y'en a même un qui fait craquer toutes les filles avec ses cheveux bouclés et ses petits yeux marron, il me semble que c'est le plus jeune...
- Ca va, ça va j'ai compris,
répondit Joe, le sourire aux coins des lèvres. Il adorait son petit frère. Il lui devait tellement. Sans lui, il n'aurait jamais eu la chance de vivre cette aventure incroyable, de parcourir le pays et de chanter devant des milliers de gens. Il ne résista pas et le pris dans ses bras en lui soufflant un merci à l'oreille. Il s'écarta et regarda Nick dans les yeux.
- En parlant de faire craquer les filles... tu vas peut-être revoir ta petite brunette à New York.
- De quoi tu parles ?
répondit Nick gêné.
- Ah mince, je croyais que je parlais au gars... tu sais, celui avec des cheveux bouclés et les yeux marron qui fait craquer toutes les filles...
Nick attrapa un oreiller et commença à frapper Joe avec. Ce dernier ne resta pas sans se défendre et sauta sur le lit de Kevin pour prendre les deux coussins. Après dix minutes de combat, ils finirent par s'effondrer chacun sur un lit, exténués mais un sourire flottant sur leurs visages. Frankie déboula à ce moment là dans leur chambre pour leur annoncer que le repas était prêt. Avec toutes ses histoires, ils avaient complètement oubliés qu'il était l'heure de manger.

- Quelqu'un sait où est Kevin ? demanda Madame Jonas.
- Parti faire un tour, répondit Frankie, la bouche pleine de purée.
- Qu'est-ce que je t'ai dit à propos de ne pas parler là bouche pleine ?
- Pardon ,
répondit le petit garçon la bouche toujours aussi pleine, faisant rigoler chaque personne autour de la table.

Le repas se passa sans encombre, notamment grâce à Frankie qui n'était pas le dernier pour faire le pitre. Chacun parlait, de tout et de rien, sans animosité. Cette capacité à faire comme si de rien était avait le don d'exaspérer Joe mais, ce soir, il trouvait plus facile de se laisser porter par les discussions futiles. Elles avaient au moins le mérite de lui changer les idées. Kevin, quant à lui, ne se montra pas du repas. Après avoir débarrassé la table, chacun vaqua de nouveau à ses occupations. Nick regarda la télé avec son petit frère et Joe se connecta sur le Myspace du groupe. Dans la pièce voisine, Monsieur Jonas était assis à son bureau. Il essayait tant bien que mal de se concentrer sur les contrats qu'on proposait aux garçons. Après avoir lu quatre fois la même ligne, il renonça et ouvrit le tiroir de son bureau qu'il gardait précieusement fermé à clé. Il en sortit un dossier sur lequel était écrit un nom que toute sa famille connaissait trop bien : Demi.

# Posté le vendredi 24 octobre 2008 17:23

Modifié le vendredi 20 février 2009 19:18

Chapitre 11 - Don't Tell Anyone

Chapitre 11 - Don't Tell Anyone
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Monsieur Jonas ouvrit le dossier qu'il avait trop souvent consulté. Il attrapa un premier article paru dans les brèves du journal local. Il avait beau le connaître sur le bout des doigts, il ne put s'empêcher de le lire une énième fois.

13 février 2006 - Tragédie: Une mère et sa fille meurent dans un accident de voiture.
Hier, aux environs de 17h, la route a encore fait des ravages. Une mère et sa fille, âgée de 8 ans, ont été tuées lors d'un accident survenu sur la route reliant Wyckoff à Newark, dans l'état du New Jersey. La voiture s'est encastrée dans un arbre après avoir heurté le véhicule d'une jeune conductrice de 16 ans. Cette dernière aurait perdu le contrôle de sa voiture – pour une raison toujours inexpliquée - et se serait déportée de l'autre côté de la route. La jeune fille ne souffre que de quelques égratignures.

Il reposa l'article et lu les deux suivants successivement. Ce qu'ils contenaient n'était pas plus réjouissant.

14 février 2006 - Un père pleure sa femme et sa fille.
Monsieur Dunne, qui vient de perdre sa femme et sa fille de 8 ans, dans un accident de la route se dit « prêt à tout pour que justice soit faite ». Alors que l'enquête continue pour connaître les raisons pour lesquelles la jeune conductrice a perdu le contrôle de son véhicule, Monsieur Dunne s'adresse aux journalistes à c½ur ouvert. Pour lui, qu'importe son âge, cette jeune fille « doit payer pour ce qu'elle a fait ». Il ne permettra pas que « cette meurtrière de la route brise une autre famille ». La jeune fille et sa famille – qui ont préférés garder leur identité secrète - se sont déclarées sans commentaires face à ces accusations.

18 février 2006 - Du nouveau dans l'affaire Dunne
Après quelques jours d'enquête, il a été prouvé que la perte du contrôle du véhicule était due à une défaillance technique. En effet, les tests ont corroboré la version de la jeune conductrice qui avait expliqué aux policiers que son volant s'était bloqué, lui empêchant de contrôler le véhicule. Bien que Monsieur Dunne ait porté plainte contre la jeune fille, la justice a décidé à un non-lieu. Monsieur Dunne s'est déclaré « trahi par la justice de son pays ». Il a également précisé qu'il ne « comptait pas en rester là ».

Monsieur Jonas se rappelait de tout. En une semaine la vie de Demi et de sa famille avait pris une tournure dramatique. Ils habitaient quelques rues plus loin, dans le quartier chic de la petite ville. Ils n'étaient pas vraiment du même milieu social que les Jonas mais ils avaient toujours étaient des fidèles de la paroisse. Demi, qui avait connu les trois garçons là-bas, avait également fréquenté les mêmes écoles chrétiennes qu'eux. Monsieur Jonas entretenait des relations polies avec la famille de Demi et les avaient reçus à son bureau le lendemain de l'accident. Demi lui avait dit qu'elle partait quelques jours, qu'elle avait besoin de penser à autre chose. Elle lui avait fait promettre de ne pas en parler aux garçons. Elle leur dirait... quand elle serait prête. Monsieur Jonas avait acquiescé. Elle était comme sa fille, celle qu'il n'avait jamais eu la chance d'avoir. Il ne pouvait s'empêcher de penser que tout aurait pu être classé au rang de banalité sans l'acharnement de Monsieur Dunne. Des accidents comme celui là arrivaient chaque jour aux Etats-Unis et les véritables chauffards ne manquaient pas. Mais il avait fallu que Demi, en plus de sa propre culpabilité, ait à affronter un homme aveuglé par sa peine.


*FLASHBACK*

21 février 2006 - Wyckoff

Demi marchait main dans la main, avec Kevin. Ils allaient au lycée et, bien que ce dernier ait obtenu sa graduation l'année précédente, il avait insisté pour l'accompagner. Il n'allait pas à la fac. Lui et ses frères venaient de signer un contrat chez Colombia et s'apprêtaient à sortir leur premier album. Chaque soir ils travaillaient sur leurs chansons, en secret. Ils n'avaient pas vraiment envie que tout le monde le sache. Les choses auraient le temps d'évoluer si le succès arrivait. Mais pour le moment, ce que Kevin avait à l'esprit était Demi. Il ne comprenait pas ce qu'elle avait mais elle semblait à bout de nerf. Elle était partie quelques jours avec ses parents prétextant qu'une de ses tantes était malade et qu'elle devait aller la voir. Kevin et ses frères avaient du mal à croire à son histoire. Ils la connaissaient depuis l'enfance et ils ne l'avaient jamais entendu parler d'une quelconque tante. Kevin s'arrêta et se tourna vers elle.

- Demi ? demanda-t-il doucement.

Elle releva la tête et plongea son regard dans le sien. Il encadra son visage de ses mains et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Demi pleurait désormais. Des larmes silencieuses roulées sur ses joues. Kevin l'attira contre lui sans la questionner. Elle se laissa aller dans les bras du garçon qu'elle aimait. Ni lui, ni Joe et Nick, ne savait ce qu'elle avait fait. Elle se demandait encore comment elle pouvait les regarder en face. Elle avait déjà eu tellement de mal à en parler avec leur père. Lui et ses propres parents avaient beau lui répéter que c'était un accident qu'elle n'y était pour rien, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable. Elle avait tué deux personnes, laissant un homme brisé qui avait tout perdu. Elle avait lu ses déclarations mais elle ne lui en voulait même pas. Comment réagirait-elle si on lui prenait les personnes qu'elle aimait le plus au monde ?
Au bout de quelques minutes, elle s'écarta de Kevin et se mit sur la pointe des pieds pour, à son tour, lui voler un baiser. Elle lui murmura ses trois mots qui lui enserraient le c½ur tellement elle ne se sentait pas digne de les employer : « je t'aime ».

Arrivé au lycée Demi retrouva Joe avec qui elle avait tous ses cours. Ils s'étaient un peu éloignés ces derniers temps. A vrai dire, ils ne se voyaient plus qu'en classe, Demi passant tout son temps libre avec Kevin. Joe ne disait rien. Jamais il ne se plaignait de la situation si bien que Demi avait fini par penser que ça lui était égal. Les années précédentes, elle avait secrètement espérait qu'un jour elle et Joe serait ensemble. Mais elle avait vite compris que cela n'arriverait jamais. Il avait toujours eu des petites amies qui étaient tout son contraire. Superficielles, blondes et se baladant constamment en groupe. Demi, elle, était plutôt du genre solitaire, se réfugiant dans sa musique dès qu'elle en ressentait le besoin. La petite-amie actuelle de Joe, Cameron, correspondait parfaitement à cette description. Elle méprisait Demi à chacun de ses regards et collait Joe comme si elle avait peur qu'il s'envole au moindre coup de vent. Joe, lui, semblait heureux. Semblait seulement. Si Demi avait su à quel point il souffrait, elle aurait compris qu'il se contentait de rechercher tout le contraire de ce qu'il ne pouvait avoir. Il trouvait plus facile de faire semblant avec quelqu'un qui ne ressemblait pas à Demi, que de chercher sa copie conforme, copie qui, de toute façon, n'égalerait jamais l'original. Il avait laissé sa fierté prendre le dessus, trop stupide pour oser avouer ce qu'il ressentait. Il avait bêtement cru que Demi n'attendait que lui, qu'elle serait encore là le jour où il trouverait le courage de lui dire qu'il ne voulait qu'elle. Mais Kevin était passé par là.

Demi était assise en cours de littérature, son premier cours de l'après-midi. Elle avait toujours aimé cette matière. Les mots lui semblaient vivants, capable de retranscrire les émotions qui bouillonnaient en elle. Elle essayait de se concentrer sur le poème qu'elle avait devant elle mais elle était trop fatiguée. Elle n'avait pas vraiment dormi depuis une semaine. A chaque fois qu'elle fermait les yeux, la scène prenait vie dans son esprit. Elle se revoyait essayant de maîtriser la voiture, puis les appels de phare du véhicule d'en face. L'image d'après n'était plus que sang et fumée. Sa tête commençait à tourner, elle ne se sentait vraiment pas bien. Un papier atterrit sur son bureau. Elle le déplia et reconnu l'écriture de Joe. Il lui demandait si ça allait. Elle se tourna vers lui prête à sourire et à feindre que tout allait bien mais son corps lui cria le contraire et elle s'effondra sur le sol, inconsciente. Joe se leva et se précipita vers elle. Il l'appela, essayant de la réveiller.

- Cameron va prévenir l'infirmière s'il-te-plait, demanda le professeur.
- Mais Monsieur, je suis sûre qu'elle fait semblant. Elle cherche toujours à se faire remarquer de toute façon, ricana t'elle.
- Non, ça c'est ta description,
répondit Joe en lui lançant un regard assassin.

Voyant que personne ne faisait rien, il prit Demi dans ses bras, sous le regard stupéfait de Cameron, et la porta jusqu'à l'infirmerie. Joe attendait désormais devant la porte de l'infirmerie. Cela faisait plus de trente minutes qu'il y avait laissé Demi et il s'inquiétait. Personne ne l'avait vu de toute la semaine dernière et voilà qu'aujourd'hui elle s'effondrait en classe. Il repensa à ce qui était arrivé à Nick quelques mois auparavant et l'idée que Demi puisse être malade lui traversa l'esprit. Perdu dans ses pensées, il ne remarqua même pas que la porte de l'infirmerie venait de s'ouvrir. Il sursauta quand il entendit la voix de Demi l'appeler. Il se leva et la serra contre lui, soulagé.

- Est-ce que ça va ?
- Oui ne t'en fais pas.


Elle souriait mais ses cernes bleutés trahissaient son état physique. Joe ne pouvait détacher son regard d'elle. Elle ne lui avait jamais semblée si fragile. Il lui conseilla de rentrer chez elle pour se reposer mais elle insista pour rester, se justifiant par le fait qu'elle avait déjà manqué assez de cours la semaine précédente. Ils reprirent donc le chemin de leur classe, arrivant juste à temps pour récupérer leurs affaires. Si Demi avait eu envie de finir la journée c'était pour le cours qu'elle et Joe s'apprêtaient à suivre. Ils n'étaient qu'une petite dizaine, assis en arc de cercle, faisant face à leur professeur. Monsieur Lederman était de loin le professeur préféré de Demi. Il se fichait pas mal de ne pas respecter le programme. Il aurait du initier ses élèves aux douces notes de la musique classique, leur en apprendre chaque détail, chaque mécanisme. Mais il ne le faisait pas. Il aimait la musique sous toutes ses formes encourageant chaque jour ses élèves à créer, à oser. A chaque début d'heure il demandait si l'un d'eux avait envie de jouer ou de chanter quelque chose. Quelque chose d'unique, quelque chose qui sortait d'eux, qui leur appartenait. Joe se leva et pris la guitare que son professeur lui tendait. Il n'avait rien préparé. Il avait juste envie de chanter pour elle. Il n'avait pas la prétention de croire que ce qui la tracassait s'envolerait au son de sa voix mais il voulait qu'elle sache qu'il était là, qu'il serait là.

- C'est une chanson que j'ai écrite avec mes frères. Elle s'appelle « Please Be Mine ».

Joe était concentré dans sa chanson, ressentant chaque mot. Il releva la tête au moment du refrain et regarda Demi. Elle connaissait déjà cette chanson. Elle était là le jour où ils l'avaient écrite.

« But I'll be there forever, you will see that it's better, all our hopes and our dreams will come true, I will not disappoint you, I will be right there for you, till the end, the end of time, please be mine »

Elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Lui chanterait-il encore ces mots s'il savait ce qu'elle avait fait ? Elle fut saisie d'un haut le c½ur. Elle attrapa son sac et sortit en courant de la salle. Elle ne méritait pas ces mots, pas après ce qui était arrivé. Joe se leva, près à la suivre mais son professeur l'en empêcha. Il fallait parfois laisser le temps aux gens d'affronter, seuls, leurs démons.


Le flashback continue au prochain chapitre...

# Posté le mercredi 29 octobre 2008 15:06

Modifié le vendredi 20 février 2009 19:18

Chapitre 12 - Hold On

Chapitre 12 - Hold On
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*SUITE DU FLASHBACK*

Demi marchait désormais sur le trottoir. Elle ne remarqua pas la vieille Chevrolet marron qui la suivait depuis qu'elle avait quitté le lycée. A son bord, un homme brun, d'environ 35 ans ne la quittait pas des yeux. Il avait enfilé ses lunettes de soleil bien que le ciel soit couvert. Il roulait au pas, à une certaine distance d'elle. Il ne voulait pas attirer son attention. Il se contentait de l'espionner. Au début il n'avait pensé qu'à une chose : la tuer. Mais il avait compris que continuer de vivre sans les gens que l'on aime était bien plus dur que de mourir soit même. Aujourd'hui, il commençait sa filature. Il avait enfin trouvé son lycée, après avoir appelé tous les établissements de la ville. Il avait attendu presque toute la journée qu'elle sorte. Il voulait savoir qui étaient ses amis, qui étaient ceux qu'elle pleurerait, inconsolable, comme lui pleurait les deux femmes de sa vie. Quand il l'avait vu sortir seule du lycée, il avait senti la frustration le gagner. Il la suivait maintenant depuis quinze minutes et il commençait déjà à trouver le temps long. Il arriva enfin devant la maison de Demi et il la détesta encore plus. Lui travaillait des heures et des heures pour un salaire minable quand elle grandissait comme une princesse. Il était persuadé que ses parents avaient acheté les experts qui avaient analysé la voiture. Elle était coupable, il le savait et elle aller payer pour ça.

Demi monta dans sa chambre sans avoir personne à saluer. Ses parents avaient des postes importants et ne rentraient généralement qu'à la nuit tombée. Les Jonas lui avaient ouvert leur porte pour qu'elle ne reste pas seule. Plus jeune c'était une fois de temps en temps, ses parents ne voulant pas embêter la famille de leur pasteur. Puis Demi avait grandi. Elle était libre d'aller où elle le voulait, bien sûr dans une certaine mesure, et elle devait avouer qu'elle se sentait chez elle dans leur maison pleine de vie, du moins, plus que dans la sienne vide et démesurée. Elle monta dans sa chambre, posa son sac dans un coin et s'étendit sur son lit. Elle resta là allongée sur le dos, fixant le plafond d'un blanc immaculé. Elle se sentait sale, comme une erreur dans cette maison trop parfaite. Prise d'une poussée de colère contre elle, contre sa vie, contre ce que Dieu lui imposait, elle se leva et, d'un geste de la main, renversa toutes les miniatures de parfums qu'elle gardait sur sa commode. Elle ne s'arrêta pas là et fit de même avec tout ce qu'elle trouvait sur son passage. Après cinq minutes d'acharnement elle s'assit sur le sol, au milieu du champ de bataille qu'était désormais sa chambre. Aucune larme ne coulait. Elle avait déjà trop pleuré. Elle avait atteint le stade du dessus, elle se dégoutait simplement. Elle resta là prostrée pendant des heures, ne réagissant même pas au son du téléphone. De l'autre côté de la ligne, Kevin continuait d'appeler, Joe à ses côtés. Ce dernier lui avait raconté ce qui était arrivé au lycée. Ils auraient voulu aller la voir mais ils étaient tous les trois en studio d'enregistrement avec leur producteur. Leur maison de disques avait réservé le studio à des heures permettant à Joe et Nick de continuer d'aller au lycée. C'était leur premier contrat, leur premier album, ils ne pouvaient pas se permettre de tout planter pour partir voir comment allait Demi, pas après tout ce que Nick avait fait pour vivre son rêve. Kevin n'arrêtait pas de tourner en rond. Il avait moins de voix à enregistrer que ses frères et il n'arrivait pas à se calmer. Il avait essayé de la joindre sur son portable, sur son fixe et il s'était même connecté sur MSN en espérant qu'elle le soit aussi. Il attrapa sa veste et se dirigea vers la sortie. Il avait besoin de la voir et d'être sûr qu'elle allait bien.

- Où est-ce que tu vas? Lui demanda son père alors qu'il s'apprêtait à ouvrir la porte.
- Chez Demi, j'ai un mauvais pressentiment. Elle est vraiment étrange en ce moment. Elle est à fleur de peau et Joe m'a dit qu'elle s'était évanouie en classe aujourd'hui. Je veux juste vérifier qu'elle va bien.
- Kevin, vous avez encore pas mal de travail alors toi tu restes ici et moi je vais voir si tout va bien. D'accord?


Kevin acquiesça à contre c½ur. Il savait que ce n'était pas raisonnable de retourner à Wyckoff alors qu'ils touchaient à leur rêve. Monsieur Jonas pris la route, il lui fallut presque deux heures pour arriver à la maison de Demi, la circulation n'aidant pas. Quand il se gara devant chez elle, la voiture était toujours là. Le conducteur avait fini pas ôter ses lunettes de soleil, la clarté du jour se faisant moins présente. Il ne manqua pas une miette et détailla l'homme qui avançait vers la maison plongée dans le noir. Monsieur Jonas sonna mais il n'y eu aucune réponse. Il tourna la poignée sans conviction mais à sa grande surprise la porte s'ouvrit. Il était déjà venu mais l'immensité de la maison lui sembla encore plus oppressante dans l'obscurité. Il appela, demanda si quelqu'un était là. A nouveau il n'y aucune réponse. Il monta à l'étage et se dirigea vers la seule porte de laquelle s'échappait un léger rayon de lumière. Il frappa mais, pour la troisième, fois aucun son ne lui vint en retour. Il hésita mais entra finalement dans la pièce. Ce qu'il vit le stupéfia. Demi se trouvait là sur le sol, le regard vide, ses bras tenant ses genoux repliés sur sa poitrine. Elle se balançait légèrement d'avant en arrière, un mince filet de sang s'échappant du dos de sa main gauche. Autour d'elle, un sentiment d'apocalypse régnait. Il s'approcha, prononçant son prénom doucement mais elle ne bougea pas. Il posa sa main sur son épaule et elle sursauta. Elle posa son regard sur cet homme qui avait toujours été là pour elle.

- Je voulais pas, je suis désolée. Je voulais pas les tuer, je voulais pas. J'ai tout fait pour éviter la voiture. Je voulais pas les tuer, je le jure, je voulais pas.
- Je sais Demi, je le sais.
Sa voix était calme et posée. Il avait beau aimer Dieu de tout son être, à cet instant précis il ne put s'empêcher de se demander pourquoi il imposait cette épreuve à la jeune fille. Laisse-moi soigner ta main.

Sans protester elle le laissa prendre soin d'elle. Il l'aida à se relever et la fit s'asseoir sur son lit. Il alla dans la salle de bain et revint avec le nécessaire pour désinfecter la plaie. Il attrapa un léger somnifère et le donna à Demi. Elle avait l'air exténuée et elle avait besoin de se reposer. Elle se coucha et s'endormit rapidement. Au moment où il sortait de la chambre, la porte d'entrée claqua et deux voix se firent entendre.

- Demi, on est rentré !

Monsieur Jonas apparu sur le palier et se retrouva face aux regards surpris des parents de la jeune fille.

- Pasteur Jonas. Que se passe-t-il ?

Il pouvait lire l'inquiétude dans le regard de la mère de Demi. Elle et son mari n'était peut-être pas très présents mais ils aimaient leur fille du plus profond de leur être. Il leur raconta en détail ce qu'il s'était passé. Ils parlèrent longuement de ce qu'ils devaient faire. Demi semblait aller de plus en plus mal.

Dehors, la voiture et son conducteur n'avaient toujours pas bougé d'un centimètre. Ce dernier observa les parents de Demi saluer l'homme qui était entré un peu plus tôt. Il le vit sortir son téléphone et se rapprocher de là où il était garé. Il entrouvrit sa fenêtre et écouta quelques bribes de la conversation.

- Je viens de sortir de chez elle... Je suis inquiet... pas le dire aux garçons... sa chambre dans un état incroyable... comme ma fille... je ne sais pas quoi faire...

Il en avait assez entendu pour savoir que cet homme devait être important pour elle. Sans hésiter, il attendit que Monsieur Jonas remonte dans sa voiture et reprenne le chemin de New York, où travaillaient les garçons. Arrivé sur la voie rapide, il se positionna juste derrière lui, attendant l'instant propice. Après quelques kilomètres, il accéléra et se rabattit en queue de poisson devant lui. Monsieur Jonas n'eut pas le choix et donna un coup de volant pour éviter le véhicule. Comme il était totalement sur la file de droite, sa voiture dévia sur la bande d'arrêt d'urgence et s'encastra dans le rail de sécurité, le longeant sur plusieurs mètres. Quelques secondes plus tard, il gisait là inconscient la tête posé sur son volant tandis que dans la voiture de devant, Monsieur Dunne admirait son ½uvre, un sourire satisfait sur le visage.


Le flashback continue au prochain chapitre...

# Posté le mardi 04 novembre 2008 08:47

Modifié le vendredi 20 février 2009 19:18

Chapitre 13 - Dear God

Chapitre 13 - Dear God
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*SUITE DU FLASHBACK*

Une sirène retentit au loin. Une jeune femme se trouvait près d'une voiture de laquelle s'échappait une épaisse fumée grisâtre. Un téléphone à la main, elle venait d'appeler le 911 et suivait désormais les indications du secouriste qui se trouvait à l'autre bout du fil. Il lui avait demandé de vérifier si le passager de la voiture était conscient, de prendre son pouls et de ne surtout pas le déplacer. Elle tremblait. L'homme avait la figure recouverte de sang, elle pouvait à peine entrevoir les détails de son visage. Au bout de quelques minutes, un médecin pris sa place et s'occupa du conducteur. Il fut conduit rapidement à l'hôpital le plus proche qui n'était qu'à quelques kilomètres de là.

Le téléphone sonna et Denise Jonas décrocha. Un agent de police lui annonça que son mari était à l'hôpital, victime un accident de voiture. Elle sentit la terre tremblait. Elle venait de lui parler à l'instant. Elle n'arrivait pas à y croire. L'agent lui exprima son soutien mais elle n'écoutait plus. Elle n'avait plus que les derniers mots de son mari en tête. L'idée que c'était peut-être les derniers qu'elle entendrait de sa bouche lui glaça le sang. Elle resta quelques secondes le téléphone à la main alors qu'il n'y avait plus personne à l'autre bout de la ligne. Elle finit par reprendre ses esprits et, après avoir déposé Frankie chez la voisine, elle partit pour l'hôpital. Pendant tous le trajet elle essaya de se persuader qu'il allait bien et qu'il rentrerait avec elle ce soir. Mais une petite voix dans sa tête lui martelait le contraire... A son arrivée elle se dirigea vers l'accueil des urgences.

- Bonsoir, mon mari a été conduit ici, il a eu un accident de voiture.
- Son nom ?
- Jonas, Kevin Jonas.
Son c½ur cognait dans sa poitrine.
- Je vous appelle le médecin.

Elle ne répondit rien. Elle n'avait pas besoin d'explication pour comprendre que ce n'était pas bon signe.

- Madame Jonas ? demanda une voix derrière elle.
- Oui. Son c½ur cogna encore plus vite.
- Votre mari souffre d'un traumatisme crânien. Nous avons pu arrêter l'hémorragie et aucune de ses fonctions vitales n'est touchée mais il est dans le coma. Malheureusement nous ne pouvons pas savoir quand il se réveillera.

Elle vacilla. Elle ne s'était jamais préparée à ça. Le docteur la soutint et l'accompagna jusqu'à la chambre où se trouvait son mari. Il la prévint qu'il repasserait plus tard et partit s'occuper des autres patients. Elle avança, mettant difficilement un pied devant l'autre. Les larmes commencèrent à rouler le long de ses joues quand elle le vit si paisible et immobile. Elle attrapa sa main et la caressa doucement. Il ne pouvait pas les laisser, ils avaient tous besoin de lui. Elle sentit son téléphone vibrer dans sa poche. Le prénom de Kevin s'inscrivit, elle allait devoir annoncer ça à ses garçons.

- Kevin ?
- J'ai essayé d'appeler papa sur son téléphone et je viens d'appeler à la maison mais ça ne répond pas. Tu n'es pas à la maison ?
- Non...
son ton était faible. Elle ne savait pas comment leur dire ça. Ecoute chéri, je suis à l'hôpital.
- A l'hôpital ?
- Ton père a eu un accident de voiture en sortant de chez Demi. Il... il...
- Il quoi ?
demanda-t-il ne pouvant empêcher sa voix de trembler.
- Il est dans le coma. Les médecins ne savent pas quand il va se réveiller.

Joe et Nick regardait Kevin se décomposer au téléphone. Quand il raccrocha, il était blanc comme un linge.

- Qu'est-ce qui se passe ? demandèrent Nick et Joe en même temps.
- Papa... il... il... a eu un accident de voiture. Il est dans le coma... C'est ma faute. Il est partit voir Demi pour que je puisse rester là à travailler. S'il n'était pas sorti il serait avec nous en ce moment et il irait bien. Je... je...

Joe posa sa main sur l'épaule de son frère. En un geste il lui fit comprendre qu'il n'y était pour rien et qu'ils le savaient tous les trois. Joe prit le volant, son frère étant incapable de conduire, et ils se rendirent à l'hôpital. Ils passèrent une heure avec leur mère avant qu'elle ne leur demande de rentrer se reposer. Dans la voiture, sur le trajet retour, personne ne dit mot. Chacun revoyait tous les moments qu'ils avaient partagé avec leur père, les bons comme les mauvais.


22 février 2006 - Wyckoff


Ce matin là Demi se leva plus en forme que les derniers jours. Elle avait enfin pu dormir une nuit complète sans cauchemars. Elle se promit de passer remercier Monsieur Jonas après le lycée. Elle voulait aussi s'excuser de lui imposer tout ça. Sans lui, elle serait sûrement encore prostrée sur le sol. Elle regarda sa montre et poussa un juron. Si elle ne se dépêchait pas elle allait encore être en retard. Mais d'un autre côté elle n'était pas vraiment pressée de voir Joe, pas après l'attitude qu'elle avait eu la veille. Arrivée au lycée, elle croisa la dernière personne qu'elle avait envie de voir.

- Oh mais c'est notre pleurnicheuse de première, railla Cameron.
- Qu'est-ce que tu me veux ? demanda Demi la voix sèche. Elle ne supportait pas cette fille et il fallait bien avouer que c'était réciproque.
- Très simple... elle s'arrêta pour se donner de l'importance. Tu ne t'approches plus de Joe où je ferais de ta vie un enfer !
Demi eu un sourire désabusé.
- Alors ça ne pourra pas être pire que ce que je vis en ce moment, répondit-elle avant de tourner les talons.

Elle se dirigea vers sa classe. Elle avait histoire en première heure et heureusement Cameron n'allait pas à ce cours. La sonnerie retentit au moment où elle passa la porte et son regard se posa immédiatement sur la chaise vide de Joe. Elle sourit. Nick n'avait pas du réussir, ce matin, à le faire arriver à l'heure. La fin du cours sonna et Joe n'était toujours pas là. « Il est peut-être simplement malade » pensa-t-elle. Elle demanderait à Nick à l'intercours de dix heures. Sa deuxième heure lui sembla interminable, elle avait mathématiques, ce qui n'était définitivement pas sa matière préférée. Après cinquante minutes d'ennuie elle sortit de la salle et se dirigea vers le couloir où se trouvait le casier de Nick. En chemin, elle croisa Maya et Josh, les deux meilleurs amis de ce dernier.

- Hey ! Je cherche Nick vous ne l'auriez pas vu ? Maya et Josh échangèrent un regard confus. J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? interrogea Demi.
- Il ne viendra pas aujourd'hui. Joe non plus d'ailleurs, répondit Josh. Demi fronça les sourcils, elle ne comprenait pas.
- Ils ne t'ont pas prévenue ? demanda Maya surprise.
- Me prévenir de quoi ? Elle sentit la peur monter en elle.
- Leur père a eu un accident de voiture, il est dans le coma, souffla Maya.

Demi s'approcha du mur et s'accola contre, le souffle court. Tout ça n'était qu'un mauvais rêve. Elle allait se réveiller et tout serait comme avant. Sa vie se résumerait de nouveau à faire de la musique et à aller au lycée, et son seul problème serait de choisir quelle tenue porter le matin. Elle n'entendait même plus Maya et Josh qui lui demandait si ça allait. Elle se sentait dans un autre monde. Elle attrapa son sac qu'elle avait échappé sur le sol et chercha son téléphone désespéramment. Ses gestes étaient saccadés. Lorsqu'elle se rendit compte qu'elle ne l'avait pas, elle se mit à courir. Elle croisa le principal qui lui demanda de ralentir mais elle n'entendit pas. Elle devait rentrer. Ils avaient sûrement essayé de l'appeler mais elle était trop occupée à fracasser sa chambre. Elle se sentit stupide et s'en voulut encore plus de tout ce qui arrivait. Elle passa en courant devant Cameron qui ne manqua pas de lui envoyer une de ses répliques acerbes. Elle ne s'en formalisa pas, son esprit était ailleurs.

Lorsqu'elle arriva chez elle, Monsieur Dunne avait repris son poste d'observation. Il fut surpris de la voir arriver si tôt et il se félicita d'être venu de bonne heure. Demi monta dans sa chambre et chercha son portable, ce qui n'était pas chose facile vu le désordre qui régnait toujours dans la pièce. Après plusieurs minutes de recherche infructueuse, elle l'aperçut finalement sous la commode. Elle écouta les messages. Il y avait trois messages de Kevin et un de Joe. Tous d'hier.

Le 21 février à 15h54
Demi c'est Joe. Je voulais juste savoir comment tu allais. Rappelle-moi s'il te plait.

Le 21 février à 17h02
C'est Kevin. Je suis au studio avec Nick, Joe et mon père. Joe m'a dit ce qui était arrivé aujourd'hui au lycée. J'aimerais vraiment te parler. Je t'aime.

Le 21 février à 18h16
C'est encore moi. Je m'inquiète pour toi. Rappelle-moi quand t'as ce message. Tu me manques.

Le 21 février à 23h36
Je... mon père a eu un accident. Je suis à l'hôpital avec ma mère et mes frères... je... sa voix se fit plus faible. J'ai peur de le perdre... S'il-te-plait rappelle-moi, j'ai besoin d'entendre ta voix.

Les mains de Demi tremblaient lorsqu'elle composa le numéro de Kevin. Qu'allait-elle lui dire ? Elle n'eut pas le temps de se poser plus de questions qu'il répondait.

- Demi ?
- Salut.
- J'ai essayé de t'appeler toute la soirée.
- Oui j'ai eu tes messages... je... je suis désolée pour ton père.
Il soupira. Est-ce que ça va ? demanda-t-elle inquiète.
- J'ai connu mieux. Je suis à l'hôpital avec Joe et Nick. Maman est rentrée s'occuper de Frankie.
- Est-ce que je peux passer ?
- Bien sûr. On est au "Downtown Hospital" à New York, précisa Kevin.
- Je serais là dans une heure.


Elle descendit au sous-sol, où se trouvait le garage. Sa voiture était là, comme neuve. Plus rien ne laissait transparaître ce qui avait eu lieu une semaine plus tôt. Elle n'avait pas retouché un volant depuis cette soirée. Elle avança et attrapa la poignée de porte. Elle hésita. Elle ne se sentait pas vraiment capable de conduire de nouveau. Elle refoula ses angoisses et s'installa au volant. Sa tête se mit à tourner, les images défilaient devant ses yeux. Elle ne pouvait pas, c'était trop lui demander. Elle descendit et enfourcha son vélo. Elle sortit de chez elle et se dirigea vers la gare de la ville. Il n'y avait que vingt minutes de train pour aller à New York, elle finirait le trajet jusqu'à l'hôpital en vélo. Elle avait froid, le mois de février n'était pas vraiment le plus propice à ce mode de déplacement. Dix minutes plus tard, elle se trouvait sur le quai de la gare, son vélo à côté d'elle. La dame au guichet lui avait confirmé qu'elle pouvait le prendre avec elle dans le train. Plus loin sur le quai, Monsieur Dunne l'observait. Il avait également acheté son billet, cette fille était la seule chose qui le raccrochait encore à la vie, il s'était promis qu'il irait au bout de son projet.

Le train arriva à New-York et il poussa un juron quand il la vit prendre son vélo. Il n'avait pas pensé à ça, trop aveuglé par sa vengeance. Il ne pourrait jamais la suivre à pied et un taxi risquait d'être pris dans les embouteillages. Il devait trouver une idée et rapidement. Demi sortit un plan de sa poche et repéra où se trouvait l'hôpital. Son itinéraire en tête, elle enfila ses gants, un bonnet et commença à pédaler. Derrière elle, Monsieur Dunne donna un coup de pied rageur dans le mur le plus proche. Ce n'était que partie remise.


Le flashback continue au prochain chapitre...

# Posté le jeudi 06 novembre 2008 07:59

Modifié le vendredi 20 février 2009 19:18

Chapitre 14 - The Stupid Things

Chapitre 14 - The Stupid Things
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*SUITE DU FLASHBACK*

Demi arriva à l'hôpital et accrocha son vélo à l'emplacement prévu pour ça. Elle entra et accueillit la chaleur environnante avec plaisir. Elle était frigorifiée. Après avoir demandé où se trouvait la chambre de Monsieur Jonas, elle appela l'ascenseur. Arrivée au quatrième étage, elle demanda de nouveau son chemin, l'hôpital était immense. Elle croisa des médecins, des patients et leurs familles. Certains souriaient, heureux du dénouement positif, d'autres ne pouvaient que continuer de prier. Ils priaient pour qu'on leur laisse encore la chance de serrer la personne qu'ils aimaient dans leur bras, qu'on leur permette, au mieux, de lui dire au revoir dignement. Demi fut parcouru d'un sentiment d'injustice. Pourquoi les gens devaient-ils affronter la maladie, le malheur ? Pourquoi était-ce arrivé à Monsieur Jonas ? Pourquoi Dieu n'avait rien fait pour lui, lui qui avait tellement prêché son existence ?

Elle passa devant un petit salon où se trouvait des distributeurs de boissons chaudes. Elle s'arrêta quand elle aperçut Joe. Il était assis là, le regard fixé sur le sol. Elle s'approcha et déplaça une chaise pour s'assoir à ses côtés. Il releva la tête et plongea son regard dans celui de Demi. Ses yeux étaient rouges et brillants. Elle passa son bras autour de ses épaules et l'attira contre elle. Elle sentit ses larmes rouler dans son cou et elle resserra son étreinte. Elle ne supportait pas de le voir comme ça. Au bout de quelques minutes, il s'écarta d'elle.

- Tu devrais aller voir Kevin.

Son ton était neutre, comme s'il venait juste de lui annoncer l'heure qu'il était. Elle le regarda blessée. En quelques mots, il lui faisait comprendre qu'il n'avait pas besoin d'elle. Elle se demandait comment ils en étaient arrivés là. Ils étaient inséparables, toujours là pour soutenir l'autre et aujourd'hui, elle avait le sentiment qu'ils ne se comprenaient plus. Elle se leva, trop fatiguée pour se battre. Elle se dirigea vers la porte mais s'arrêta en chemin. Elle se retourna et revint sur ses pas. Elle s'accroupit face à lui et d'un léger geste de la main, releva son visage. Elle plongea de nouveau ses yeux dans les siens, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre.

- I'll be there forever, you will see that it's better, all our hopes and our dreams will come true, I will not disappoint you, I will be right there for you, till the end, the end of time.
(Je serais là pour toujours, tu verras tout ira mieux, tous nos espoirs et nos rêves deviendront réalité, je ne te décevrais pas, je serais là pour toi, jusqu'à la fin, la fin des temps.)

Elle lui fredonna les paroles puis l'embrassa doucement sur le front avant de sortir de la pièce. A cet instant là, elle ne savait pas encore que trois jours plus tard elle ne serait plus là pour tenir sa promesse. Elle longea le couloir et arriva enfin à la chambre de Monsieur Jonas. Elle frappa puis entra quand la voix de Nick l'y invita. Lorsqu'il la vit, il se leva et la pris dans ses bras.

- Kevin est descendu chercher de la lecture.
- Comment va-t-il ? demanda-t-elle en posant son regard sur le père de Nick.
- Toujours pareil. C'est comme s'il dormait, sauf qu'on ne sait pas s'il se réveillera.

Kevin entra à ce moment et sourit en voyant sa petite-amie. Il s'approcha et posa doucement ses lèvres contre les siennes.

- Je vais aller voir comment va Joe, dit Nick qui se sentait un peu de trop.
- Il est dans la salle d'attente, lui indiqua Demi. Kevin lui lança un regard méfiant. Je suis passé devant et je l'ai vu, se justifia-t-elle.

Demi s'éloigna de Kevin et s'approcha du lit. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle avait l'impression de n'apporter que du malheur aux gens. Sans elle, la femme et la fille de Monsieur Dunne seraient toujours en vie. Sans elle, Monsieur Jonas serait à la maison à veiller sur ses garçons. Elle s'en voulait tellement de ne pas avoir décroché son téléphone hier soir. Si elle les avait rassurés sur son état de santé, il ne serait pas venu.

- Pardon. Pardon de vous avoir imposé tout ça. Pardon de ne pas être assez forte pour affronter mes problèmes seule.

Elle parlait à Monsieur Jonas. Elle ressentait le besoin de s'excuser. Kevin lui ne comprenait pas vraiment de quoi elle parlait. Madame Jonas entra à son tour dans la chambre, elle avait entendu ce que Demi venait de dire. Elle était au courant de toute l'histoire et demanda à Kevin de sortir quelques instants, elle voulait parler à Demi. Cette dernière attendit, anxieuse, que Madame Jonas prenne la parole. Denise s'approcha de Demi et l'invita à s'assoir.

- Est-ce que ça va ? Kevin* m'a appelé hier soir en sortant de chez toi et m'a dit ce qu'il t'était arrivé. Son ton était protecteur. Elle s'inquiétait sincèrement. Ecoute Demi, je sais que tu te sens coupable et je peux comprendre mais tu n'y es pour rien.
- Mais si j'avais répondu au téléphone hier, il ne serait pas venu voir comment j'allais.
- Tu sais très bien qu'avec des si on refait le monde. C'est simplement la faute à la fatalité. Alors je veux que tu me promettes de prendre soin de toi et d'arrêter de te reprocher tous les malheurs du monde. Une personne de cette famille à l'hôpital c'est déjà beaucoup trop.


Demi ne put retenir ses larmes plus longtemps. Elle était touchée par les mots de Madame Jonas, par tout cet amour qu'elle lui témoignait. Denise, se pencha vers Demi et, dans une étreinte, lui montra qu'elle était là pour elle si l'envie de se confier se présentait. Demi sortit de la chambre et retrouva Kevin qui attendait devant la porte. Il aperçut ses yeux rougis et se contenta de la serrer contre lui.

Une journée d'attente commença. Personne ne parlait vraiment. Les magazines passaient de main en main, Nick couchait quelques mots sur le papier, Kevin faisait des aller et venus dans le couloir et Joe, lui, essayait de ne pas croiser le regard de Demi. Elle profita d'un moment, pendant lequel Kevin était au téléphone et Nick parti se chercher quelque chose à manger, à la cafétéria, pour s'assoir près de lui.

- J'ai vu Cameron aujourd'hui. Elle n'avait trouvé que ça à dire. Est-ce que tu lui as dit pour ton père ?
- Non.
- Tu devrais peut-être, elle doit se demander pourquoi tu n'es pas au lycée.
- Ouais.

Demi n'avait pas besoin d'un dessin pour comprendre que Joe n'avait pas envie de lui parler. Elle aurait pu renoncer mais elle voulait vraiment qu'il sache qu'elle était là pour lui.
- Je suis vraiment désolée pour ton père.
- Désolé de quoi ? De savoir que c'est à cause de toi qu'il est dans le coma ?


Demi sentit son c½ur exploser. Elle avait besoin d'air. Elle se leva et recula de quelques pas. Joe s'était levé à son tour, surpris lui-même des mots qu'il venait de dire. La scène se passa comme au ralenti. Elle fit deux pas de plus en arrière, sans détourner son regard de Joe, lui avança mais avant qu'il n'eu le temps de dire quoique ce soit, elle sortit de la pièce en bousculant Nick qui entrait à ce moment là. Elle se mit à courir à travers les couloirs. Elle ne savait plus où elle allait, elle s'éloignait juste des paroles de Joe. Bien sûr qu'il ne pensait pas un mot de ce qu'il avait dit. Les mots étaient sortis tous seuls. Il souffrait juste de la voir avec Kevin, de voir son père comme ça. Il regretta ses paroles à la seconde où elles sortirent de sa bouche. Il l'appela mais elle ne s'arrêta pas. Il allait la suivre mais un médecin apparût, lui assurant qu'il appellerait la sécurité s'il continuait de crier comme ça. Lorsqu'il reposa son regard sur le couloir, celui-ci était vide.

Demi finit par retrouver le chemin de la sortie et récupéra son vélo. Les mots de Joe raisonnaient toujours dans son esprit alors qu'elle pédalait vers le c½ur de la ville. Elle n'avait aucune envie de rentrer chez elle et bien que la température ne dépassait pas les cinq degrés, elle ressentit le besoin de se perdre au milieu de l'immensité de Central Park. Elle en voulait à Joe d'avoir raison, d'être le seul à avoir eu le courage de lui dire la vérité. Elle lui en voulait de ne pas vouloir d'elle. Elle lui en voulait d'occuper toutes ses pensées alors qu'elle était avec Kevin.

* Kevin Jonas Sr


Le flashback continue au prochain chapitre...

# Posté le dimanche 09 novembre 2008 18:31

Modifié le vendredi 20 février 2009 19:18